Lucie Décosse, la force tranquille
Mardi 22 Avril 2008
De passage au CREPS de Boivre pour assister au Championnat de France USCF, la triple championne d’Europe et championne du monde nous livre quelques impressions à quelques semaines des Jeux Olympiques.
Lucie, pourquoi êtes-vous venu aujourd’hui pour ces championnats de France USCF (Union Sportive des Cheminots de France) ?J’ai un contrat de sportive de haut niveau avec la SNCF, ce qui me permet de m’entraîner comme je le souhaite. Aujourd’hui, je n’ai pas participé à la compétition car la préparation pour les JO sont très strictes et ne me permettent pas de risquer une blessure sur ce genre de manifestation. Mais j’ai quand même voulu soutenir mes amis de l’équipe d’Ile de France. Pour moi, le principal aujourd’hui est de passer une bonne journée, de retrouver des judokas d’autres régions que je connais, et de me sortir les idées de la tête après les stages et les compétitions internationales du début de saison.
En parlant de compétitions internationales, vous êtes actuellement sur une très bonne dynamique ?
Oui, c’est vrai que tout se passe bien. J’ai fait trois compétitions majeures cette saison (le championnat de France 1ère division en -70kg, le Tournoi international de Paris et le championnat d’Europe en -63kg), et j’ai remporté le titre à chaque fois. Je me sens bien sur les tatamis et je prends beaucoup de plaisir, mais j’ai encore un objectif de taille dans quelques semaines, et mes récents résultats ne doivent pas me faire perdre la tête à l’approche de cette compétition.
Les Jeux Olympiques, c’est le seul titre qu’il manque à votre palmarès. Comment abordez-vous cette compétition par rapport à votre échec à Athènes ?
Sans trop de pression pour le moment. On est encore loin de l’échéance et j’essaie de ne pas trop y penser. Je sais que cette pression viendra quoiqu’il arrive quelques jours avant la compétition. Je ne connais pas un seul athlète qui n’a pas d’appréhension à l’approche d’un tel évènement.
Un sentiment de revanche alors ?
Même pas. Il y a quatre ans, à Athènes, les choses étaient différentes. C’est vrai que je venais de gagné le Tournoi de Paris et le championnat d’Europe, comme cette année, mais j’étais encore très jeune, surtout dans ma tête. Aujourd’hui, l’objectif est beaucoup mieux préparé et j’ai gagné en expérience pendant ces quatre dernières années.
Aux championnats d’Europe et au tournoi de Paris cette année, on a pu voir que vos adversaires n’ont pas eu l’ombre d’une chance contre vous. Lucie Décosse ferait-elle peur ?
(Rire) Non, je ne crois pas. Depuis 3 ans, j’ai prouvé que j’étais une fille difficile à battre. Forcément, mes adversaires savent que ça va dur contre moi. J’ai connu ce sentiment lors de mes premières compétitions internationales contre des filles de rang mondial, il y a quelques années. Je sais ce que ça fait de combattre contre une championne du Monde. C’est un combat toujours difficile à appréhender.
Les différentes polémiques autour de la Chine et du parcours de la flamme olympique influent-elles sur votre préparation ou votre façon d’aborder les Jeux ?
Non pas vraiment. Je ne dis pas que ça ne me concerne pas, loin de là. J’ai une conscience politique et citoyenne. Je sais ce qui se passe en Chine et au Tibet, mais malheureusement pour nous (les sportifs), nous n’avons pas choisi Pékin. Pour le moment, j’essaie de ne pas tout mélanger. Je fais attention à ne pas me tromper d’objectif. J’irai avant tout à Pékin pour ramener une médaille. Une fois cela passé, on verra…

Scoopeo
Fuzz